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Ai WeiWei s’expose au MUCEM

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L’artiste contestataire chinois Ai Weiwei, connu dans le monde entier, expose à partir du 20 juin au Mucem à Marseille pour notre plus grand plaisir.

Je vais commencer par vous présenter cet artiste / citoyen extraordinaire ! Sculpteur, performer, photographe, architecte, commissaire d’exposition et blogueur chinois, il vit aujourd’hui à Berlin. En effet, actuellement ses deux avocats sont enfermés en Chine et il ne souhaite pas forcement les rejoindre.

En 1978, Ai Weiwei s’inscrit à l’Académie du Film de Pékin, où il étudie l’animation. Il rejoint le premier mouvement artistique d’avant-garde nommé Xing-Xing (les Stars), qui remet en cause tout autant l’esthétisme révolutionnaire et les icônes communistes qu’un style plus traditionnel chinois.

Il choisira ensuite, suite à la dissolution du mouvement en 1983, les États-Unis, Philadelphie, puis New York. Là, il suivra quelques cours à la Parson school et à l’Arts Students League, sans pour autant achever son cursus.

Son séjour américain lui permettra de connaître l’histoire de l’art du XXe siècle. Il se passionne pour Marcel Duchamp et le dadaïsme.

Pourquoi entretient-il une relation si tendu avec son pays la Chine ?

C’est le provocateur, l’activiste et l’opposant politique courageux qui ont fait d’Ai Weiwei un homme célèbre. En s’adressant directement au public via son blog, puis les réseaux sociaux, de Twitter à Facebook en passant par Instagram, il a su atteindre un large public, qui se reconnaît dans ses prises de positions, ses provocations et parfois dans ses performances artistiques.

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©Ai Weiwei

L’œuvre d’Ai Weiwei associe la pensée chinoise à l’art contemporain, s’inspirant notamment de Marcel Duchamp et d’Andy Warhol. Si ses créations interrogent nos sociétés avec tant de force, c’est parce qu’elles mettent en scène des objets du quotidien qui, par le geste de transformation de l’artiste, deviennent des œuvres d’art. Ainsi, il questionne les visiteurs sur la valeur accordée aux objets devenus, par son geste, œuvres d’art. Répliques d’Iphone, de caméscope, de sex toy, de flacon de parfum en jade. Cette pierre a une très grande valeur dans la culture chinoise. Reproductions de restes humains découverts dans un camp de travail mis en place par Mao Tse Tung et présentés là comme les trophées qui accompagnent les grands seigneurs dans leur tombeau.

L’expo du Muceum

L’artiste revient ainsi sur les traces de son père (qui fut débarqué à Marseille en 1929 sur les quais de la Joliette), et nous propose un voyage à travers le temps et son art, avec cinquante œuvres dont deux productions inédites (photos, sculptures, installations), mises en parallèle avec cinquante objets des collections du Mucem.

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©DV
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©Mucem

Je voulais pour terminer vous encourager à voir le magnifique documentaire de Ai Weiwei « Human Flow« . En 5 points voici un projet ambitieux passé un peu inaperçu !

1 : Une œuvre qui parle d’immigration avec un chiffre : plus de 65 millions de personnes ont été contraintes, ces dernières années, de quitter leur pays d’origine, pour cause de guerre ou de famine.

2 : Son traitement documentaire : Le film nous permet une réelle immersion dans la vie des réfugiés. Il dresse un état des lieux de cette crise migratoire.

3 : Le traitement artistique : « La mer ou la terre vue du ciel, mais rien à voir avec Yann Arthus-Bertrand. Car la beauté de loin est contrebalancée par un mouvement de zoom avant. Non, ce ne sont pas des fleurs, ces taches magnifiquement orange sur l’eau, mais des hommes et des femmes portant des gilets de sauvetage. » Il y a vraiment un œil, un instant, une identité graphique et esthétique pour un sujet fort et bouleversant.

4: La place de l’Europe : Passer un message face au contradictions des idéaux de l’Europe. Parallèle avec le mur de Berlin, puisque encore aujourd’hui on construit des murs.

5 : L’artiste : Son oeil, son style, criant de vérité. Ai Weiwei n’a pas de message à délivrer. Il rappelle simplement de manière directe, affolante et belle, que tout être humain a le droit de migrer et d’être accueilli, mais que ce droit fondamental est bafoué. Tout près de nous, dans notre village global.

Crédit : Lira da rocha Julien

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